18.09.2007
Kirghizstan
Donc c est vers 15h que nous arrivons a la gare routiere de Bichkek. Apres le temps de negociation habituel nous trouvons un taxi pres a nous emmener a un prix acceptable. Durant notre trajet vers la Guest House reservee par mail, notre chauffeur nous offre du pain Ouzbek traditionnel. Pain dont on se gavera plus tard a Osh. Tout cela semble commencer un peu mieux qu a Almaty.
Apres quelques hesitations, notre chauffeur nous depose au pied de tours defraichies datant de l ere sovietique. Nous sommes arrives. Pensant pouvoir 5 min apres ecraser pour quelques heures dans notre nouveau lit, nous le payons et sonnons a l appartement. Notre paasage dans cet appartement ne depassa pas les 30 minutes. Accueillies par la fille (une dizainne d annees) de la proprietaire, nous decouvrons ce qui nous est proposes pour lit. Deux lits supperposes ou meme Caroline ne peut tenir. Caroline et moi cherchons rapidement une adresse de Guest house a un budget autre. La jeune fille nous aide a appeler un taxi qui se pointe dix minutes plus tard. Nous la quittons un peu desole, mais nous devions suivre les conseils avises de nos proches: du repos, du repos, et du repos.
Apres avoir subit un refus dans une Guest House avec piscine, nous nous orientons vers une deuxieme adresse trouve sur internet. Et la, le miracle se produit enfin! Dans les quartiers residentiels de la banlieue Est de Bichkek la Guest House Crocus nous accueille a bras ouverts (g.h.crocus@mail.ru). Tenu par la famille meme, composee de Zoya et Feodor (les parents) et leurs enfants Masha (19 ans) et Efim (11 ans), Crocus offre 6 chambres tout confort pour 44 dollars. Le budget en prendra un petit coup mais la sante n a pas de prix. Le seul ic est qu ils n ont de la place que pour les deux nuits qui viennent. Ils s engagent a nous aider pour trouver une Guest pour les 3 nuits restantes.
Apres une bonne douche et un peu de repos on s interroge sur notre lieu de restauration pour le diner. Masha nous conseille un restau ou ils servent des pizzas et des chachliks (brochettes de viande). Ce sera un taxi avec Schumi aux manettes qui nous deposera a quai quelques ... 5 minutes plus tard. Comme indique par Erik nous suivons le regime a la lettre, pizza pour moi et un bon gros chachlik de poulet bien sec pour Caroline. a l entree du restau un show est propose des 23h anime par de jolies filles qui se tremoussent tout en se devetissant sous les yeux d un public probablement uniquement masculin. La journee et ses surprises ne s arretent pas la. A la sortie du restau on avise une rangee de taxis qui patientent avec leur chauffeurs en pleine conversation. N ayant que le nom de la rue a leur donner, ecrit en lettres romaines, ils semblent ne pas connaitre l adresse. Au moment ou nous pensions partir trouver un autre taxi, l un d eux nous fait comprendre qu il connait. Fatigues on embarque dans sa vielle lada qui probablement allait aussi bientot feter ses 30 ans.
Apres les 5 minutes de Schumi, ce fut la demi heure de Bouletos!!! comme a notre habitude le prix de la course fut fixe des notre entree dans le taxi a 80 soms (1 euro = 50 soms). Notre chauffeur, au phisyque de Mario Bros, est plus que perdu, panique il demande sa route aux passants et meme aux autres taxis... Donc au bout de 30 minutes nous y arrivons enfin. Ouf! mais au moment de payer, avec aplomd notre chauffeur nous annonce un le tarif a 200 soms justifies par les detours et donc nous demamdant de payer son incompetence. La s en fut trop. "Faut pas pousser mami dans les pot de fleurs non plus". Caroline se depeche d aller chercher Masha pour nous aider pendant que coince a l arriere je commence a perdre mon sang froid. L homme me traite de chacal, je lui faits entendre que se mot m est familier et sur ce je cherche la poignee de la porte pour sortir. Au lieu de la poignee j arrache le vieux cendrier qui tombe a mes pieds, puis d un geste je lui tends 100 soms, n esperant pas qu il me rende la monnaie je quitte son tacot. Masha et Caorline arrivent sur cet entrefait. L homme se plaint a Masha en lui disant que c etait inadmissible, elle lui en repond autant. Puis montant dans sa voiture le chauffeur repart plus qu enerve. Notre petite vengeance est d avoir laisse la porte arriere ouverte et qu il ne s en soit rendu compte que 100 m plus loin. Enfin nous etions prets a nous coucher avec un avenir certain pour les 48 prochaines heures.
Notre sejour a Bichkek fut finalement bien agreable. Nous y sommes restes jusqu au lundi matin 6 aout.
En bref, nous avons demenage 2 fois de Guests. Le vendredi soir nous etions dans une Guest avec une superbe piscine. Samedi et dimanche dans une Guest avec une toute petite piscine et peu d eau. Ils la remplissaient avec un tuyau d arrosage.Les moments forts du sejour furent dans l ordre chronologique:
l obtention de notre visa Tadjik recupere le lundi matin
le barbotage dans les piscines meme peu remplies
les siestes, avec meme une nuit un lit deux places !!
les premiers symptomes de la Shigelle pour moi a 4h du mat le jour de mes 30 ans. Quel cadeau!
une belle journee pour mon anniversaire finit dans LE grand restau italien de la ville (L Adriatico, franchement a tomber, en particulier la piece de veau)
des terrasses de cafe a coup de bieres fraiches (vive la Baltika five)
l organisation d un periple de 6 jours du lundi 6 au samedi 11 autour du fameux lac Issik Kul en compagjie de Feodor qui nous servira de chauffeur, guide tourristique et de haute montagne, cuisinier, hotesse, ... une force de la neture de 60 ans
la rencontre d Hamid, iranien en vacances et qui nous attend avec impatience a Ispahanla visite du musee des beaux arts de Bichkek le dimanche apres midi sous un soleil de plomb pendant que les babouchkas s endorment sur leur fauteuil ou bien commentent les tableaux en Russe, meme si on leur explique que « ya nie gavaroui pa ruski »
le passage chez le coiffeur: deux mamas russes qui nous dorlottent.
and so on................
C est donc Lundi 6 aout a 8h30petante que notre chauffeur Feodor vient nous chercher a la guesthouse. Sac a dos dans le coffre nous voila partis.Premier arret a l ambassade du Tadjikistan pour recupere nos passeports avec les visas tout frais. L encre coule encore. Nous foncons dans le Transporter VW blanc de Feodor (ce vehicule me rappelle tant de voyages familiaux et ma conduite accompagnee dans notre bon vieux « coushing car »).a travers les grandes avenues boisees de Bichkek. Puis vers 10h nous stoppons a Crocus Guesthouse afin de charger les dernieres affaires necessaires au voyage. Pasteques, saucisses, vodka, vins georgiens, pains, legmes, snickers, ... une armee a nourrir ! On regle les derniers details avec l aide de Masha pour la traduction. Un cafe bien chaud avale dans la cour et on part GONFLE a bloque.
On quitte vite Bichkek en direction de l Est. Une route large s ouvre a nous. Feodor roule vite, tres vite. Double une voiture, deux voitures, et parfois meme les deux en meme temps. La route est une 2, 3, 4 voies...
Sur notre droite (au nord) se profile la plaine ou l herbe est jaunie par le soleil plombe d ete, la riviere coule doucement pour alimenter Bichkek de l eau d Issik Kul. A gauche par contre c est plus montagneux. Le massif se dexoupe derriere Bichkek. On apercoit les neiges eternelles et on reve silencieusement. Chacun nos idees, notre passe, nos projets... defilent en nous. Apres les deboires physiques, que nous pensons quasi finis, nous nous accordons des moments d espoir de vie meilleure (enfin je veux dire par la, un vrai bon voyage bien tourristique comme il faut).
On s arrete en fin de journee pour visiter une tour de guet vieille de plusieurs siecle et qui permettait de couvrir toute la region des invasions et voleurs a venir. Des totems paguanistes se trouvent a ses pieds. Aux faces rondes et les mains fointes ils sont tout mignons... Certains ont meme des pommettes dessines avec deux gros ronds, ce qui leur fait des tetes de bebes jouflus. La Feodor joue son role de guide tourristique avec un slang russo allemand anglais que nous comprenons a la perfection. Du haut de la tour nous apercevons un groupe de touristes chinois pres a assaillir notre refuge. « Au secours ! l empire du milieu attaque... » on redescend vite vite l escalier etroit qui nous relie a la terre ferme avant que la horde prennent d assault notre ilot.
De retour dans la voiture nous reprenons la route. La campagne est belle. Nous croisons quelques villages qui semblent surtout vivre de l agriculture envirronante. Les vehicules sont soient de marques allemandes importes ou bien de vielles guimbardes russes from Lada land qui vivent leurs derniers kms apres des decennies de bons et loyaux services.
Un arret dejeuner vers 14h dans un restau routiers nous fera bien rire d une situation assez pathetique. Deux hommes deja attables, enfin affales finissaient leur repas, enfin leurs bouteilles.
Nous posons nos fondements bien travailles par la route un peu usee. Les deux hommes interpeelent le tenancier qui semble perdre patience. Caroline se leve et souhaite demander la direction de toilettes. Au moment de passer pres des deux hommes, l un deux apercevant son (enfin mon) cheche blanc, tente de l empoigner pour semble t il l utiliser comme mouchoir. Heureusement Caroline d un mouvement, le cheche vole au dessus de la tete de l homme qui decu revient a sa bouteille.
Peu apres, les deux comparses s arrachent a leurs chaises et sortent titubant de la terrasse suivis de leur chien. C est la que l on s interroge au sujet de leur moyen de locomotion. Une voiture ? vous n y penser meme pas Madame ! Apres avoir arroses les buissons au pied de la terrasse de leur urine fraiche sous nos yeux ahuris, ils se dirigent vers le fond du parking. La l un deux tristement cherche a remonter son pantalon, n y arrivant pas il marche une main tenant son froc, de l autre la bouteille, compagne de vie.
Quelques secondes suivent et du parking emerge notre equipe sauvage composee des deux hommes, d un ane tirant une carriole guide par l un d eux, du chien jappant, et d un deuxieme ane chetif. Le tableau est a se tordre. Un clown sur sa piste un soir d autonme apres une prestation ratee rentrant dans sa roulotte, la larme a l oeil car il n a su faire rire que les passants dans la rue et non son public trop exigeant ce soir la. Alcool compagne de ces deux travailleurs qui comme toujours, argent en poche la soif arrive a grand flot dans le gosier desseche.
L equipe traverse la route principale, ou les voitures attaquent la route a vitesse grnd V. La on se dit « C est pas possible, y en a un qui va y rester ». On es t pas loin, l ane chetif stop en plein milieu du parcours profite de sa pause pour brere un petit coup et repart de l autre cote pour rejoindre les autres.
Et la eclat de rire quasi general ou hochement de tete reprobateur. L homme sur carriole s est couche, l ane trotinant tout seul, le chien courant derriere et lautre homme marchant, tenant toujours son pantalon vacillant et comme trop petits points pour finir l ane chetif qui sautille derriere. Vodka, merci les Russes !
Nous reprenons la route pour Issik Kul. Quelques kms plus loin nous abordons les massifs. La route se fait plus etroites, les montagnes s elancent. Terre rouge, ocre, dorees, les couleurs sont fabuleuses. La riviere en contre bas se fait plus rapide. Et la conduite plus sportive. Il est plus difficile de doubler. Meme si certains si essaient, ce n est pas evidents. Certains tres culottes tentent par la droite. Au Kirghizstan, comme en France on roule a droite. Et bien le seul qui doublera par la droite aura la chance de se faire accueillir par la police qui se trouvait juste apres le virage, une carricature. A priori pluto la pour les backchiches, la police a une bonne raison de verbaliser.
Nous devinons au loin le lac immense. On passe les montagnes pour se trouver entourre de gigantestques canyons dignes des plus grands westerns de Clinty ! Tout au long de la route miel, oeufs, et autres baies sont vendues dans de petites guittounes. Nous passons le poste frontiere aussi grand que le paiage de roquancourt. Puis piquons sur la rive Sud du lac. Il est 16h.
Un « arret au stand », je veus dire par la une pause pipi marquera notre journee. En fermant la porte de la portiere avant je broie lanulaire et le majeur de Caroline. C en est trop pour elle. On observe quelques minutes de silence et analysons la situation. Tout va bien, rien n est casse ! Je m ecrase dans mon siege et garde le silence. C etait pas trop ce dont elle avait besoin. Merde ! fait chier le hasard de la vie fait pas toujours bien les choses au bon moment, c est comme ca.
Heureusement, elle pourra se baigner autant qu elle veut une heure plus tard lorsque nous arrivons au bord du lac.
Nous posons la tente. L eau est belle, claire et surtout au fond les montagnes s erigent leurs colerettes les habillant merveilleusement sous le soleil couchant. Feodor prepare a manger pendant que l on se baigne. Avec son gros couteau de baroudeur il n en manque pas une, il se fait une entaille profonde de plus d un centimetre dans sa main droite. On est pas arrive a ce rythme ! Caroline le bichone, elle est au petit soin avec lui.
Au menu pour ce soir : un superbe vin georgien bien rouge au gout unique. Legerement trop sucre pour un vin « normal » francais, mais quel bonheur, ce cadre, ce silence... parfait !
Le repas avale, la pluie frappe a la porte. Feodor monte sa tente, nous faisons la vaisselle et Hop ! dodo ! Demain est un autre jour.
Au reveil nous piquons une tete dans le lac. L eau nous reveille et lave a la fois, meme si on en est pas encore au 17 jours sans douche de la Mongolie. Le petit dej avale, la tente pliee, nous reprenons la piste pour rejoindre la route principale. Nous traversons quelques villages a vive allure et nous continuons notre route vers l est. Les villageois vendent leurs abricots tout le long de la route. Le soleil est bien au rendez vous et notre corps se porte a merveille berce par la baignade et le voyage. Les petits doigts de Caro ont supporte les baignades sans soucis.
Vers 11h nous faisons un stop a nouveau au bord du lac pour une petite trempette. L eau y est encore plus belle, plus claire. Cela ressemble a la Galice. Feodor se baigne avec le pouce en l air pour ne pas mouiller le pansement renforce avec de l elastopasse.
Nous reprenons la route pour Jeti Oguz, un lieu ou la roche st rougoyante sous les rayons du soleil. Nous pique niquons au bord de l eau unvrai repas accompagne de the chaud.
C est vers 15h que nous entrons a Karakol. Nous faisons le tri de saffaires dont nous avons besoin pour le treck et le reste stationnera avec la voiture sur le parking d une guest house. Un ami de Feodor nous conduit au depart de la promenade prevue pour 3 jours. En route, il se met a greler des morceaux de glace bien costaud. Caro et moi restons petrifies devant ce soudain deluge. Feodor semble confiant. On s enfonce grace au 4x4 sur la piste dans la vallee et entrapercevons les montagnes se dessiner derriere ce deluge apocalyptique.
Tout ceci sera vite oublie a notre arrive au depart de la rando. Le soleil fait timidement son apparition derriere des nuages toujours menacants. Sacs au dos, une bonne 10 de kilos pour moi, Caro pas moins de 8 kg etFeodor la tente et la bouffe entre autre, nous demarrons. Nous faufilant sous les gouttes, nous marchons pres de 2h pour rejoindre une clairere magnifique ou un troupeau de chevaux pessent tranquillement sous les gouttes qui redoublent d intensite. Nous avons marche a bon rythme, batons en main nous aidant a supporter notre fardeau. Le paysage que l on devine plus loin presage de splendide paysages pour le lendemain.
Feodor , habitue des lieux, se glisse derriere les arbres bordant le chemin, [our reapparaitre et nous inviter a le suivre. Nous decouvrons une place plane de 3m2 de superficie suffisante pour y passer la nuit sous la tente. On s attaque a monter la tente, la cuisine, etc... La pluie cesse enfin de nous arroser et laisse place au soleil toujours timide. Feodor ouvre les festivites avec un cocktail bien a lui et tres retapant : Vodka Balsam (le 1er tout le monde connait, le 2eme est un alcool aussi fort que l autre mais a base d une vingtaine de plante des montagnes). Cela nous rechauffe bien. Diner chaid avaler, vers 9h, vaisselle rangee, nous glissons nos corps fatigues sous la grande tente verte de Feodor. A trois, on y est bien. Je suis cale entre Feodor et Caroline.
La nuit fut un peu longue. Des que Feodor plongea dans un sommeil profond, il fit parler son nez. Un ronronnement a reveiller les chevaux de la clairiere voisine retentit. C est un cauchemar. Est ce l abus de Vodka Balsam ?
Mercredi 8 aout, 7h, le soleil est deja leve et nous emergeons de la tente. Petit dejeuner dans le bide, medocs avales pour lutter contre mes petits microbes, nous prenons la route des sommets. L objectifs de la journee est de passer de 2500 m a 3600 m et d arriver au bord du lac Ala Kol ou nous allons passer la nuit.
8h30 baton en main, kilos sur le dos, nous rejoignons la clairiere et ses chevaux qui devorent le paturage verdoyant. La vallee est toujours dans l ombre des montagnes, mais plus loin on apercoit les pentes ensoleilles du massif. Nous suivons la piste pendant une petite heure, cela nous sert d echauffement. Les jambes se portent bien, le dos ne donnent pas de signes de contrariete. Je ne peux imaginer que cette journee se passe mal.
La riviere a notre gauche se change en torrnt furieux aux pierres et roches monstrueuses. La pluie de la nuit precedente a accelere le debit et apporte de la vigueur aux eaux des fontes de glaciers.
Tres vite nous traversont se torrent a l aide de deux troncs d arbre.
C est a ce moment la que cela se corse un peu. Le chemin devient p-lus etroit et la foret tres dense. Une pause pipi me fera decouvrir l epaisseur de la vegetation. Le sol est tapis d une magnifique mousse dont le soleil ajoute a sabeaute naturelle des rayons epoustouflants. Rien a voir avec les pauses pipi sur « l autoroute des vacances ».
Soulages, nous attaquons la montee.
Il nous faudra au total 7h pour rejoindre le sommet. Les kilos n etaient pas un soucis. Caroline et moi subissions dans nos corps l effet des medicaments encore actifs. Feodor nous attendait et essayait de caler son rythme sur le notre. La montee s est terminee sur un pierrier tres a pic. Chaque metre effectue nous demandait de puiser le maximum en nous. Nous etions a pres de 3 mois de voyage et deja notre corps etait bien diminue. Caroline et sa dyssentrie et moi avec une alimentation pas adaptee aux calories journalieres brulees, du coup puisant dans mes muscles, ceux ci diminuaient doucement. Nous avions l energie de l envie. Peut etre etait ce trop, mais nous dosions nos pas et profitions des vues splendides sur les montagnes. Cela ressemblait un peu a la Suisse.
Nous n avons croise que tres peu de monde durant cette ascencion. Pourtant en plein mois d aout et sur un sentier plutot touristique. Tant mieux. Nous pumes pic niquer en toute tranquilite grace a notre chef cuistaud. Un vrai dieteticien de la montagne. Au menu petits bois, haricots blancs, olives noires en boite chauffes au gaz, vraiment pas mauvais. Une bonne dose d energie supplementaire, et des idees pour nos futurs trecks en solo, en Suisse, au Canada, Nouvelles Zelandes ... who knows ??
Arrives au lac de montagne, nous soufflons devant la beaute de l eau. D un bleue turquoise dentifrice, mes jambes fretilles d envie de baignades. Tu parles ! je fonce, maillot de bain a la main et descend vers le lac. A 3500 m il ne fallait pas que je m attende a un 25 degres. L eau est froide, en plus le ciel commence a serieusement se couvrir. Mais tout cela est trop tentant. Revenir en France et raconter : « tu sais quoi ? j etais seul dans cette eau magique, mais froide a 3500 m apres une ascencion si dure pour moi, ouah le pied ! ». Et uis je me rememorai le bain de minuit avec Willy dans le lac Lemant en plein mois d avril, la baignade en Siusse dans un lac a 2200 m mais avec une temperature exterieur a 25 degres. Pourquoi se priver, que de bonnes raisons pour piquer un tete. J enfile le maillot. Plonge mes pieds et descends dos au lac doucement, tout doucement : y a pas marque barge non plus !
Quelques minutes plus tard, apres trempe quasiment tout le coprs, fait quelques mouvements pour pas couler a pique, et surtout sentit cette sensation de « Rien » dans son corps je remonte vers le campement deresse pas Feodor. Le seul second effet qu aura provoque sur mon coprs cette trempette, fut un « degat des eaux » non controlles bien sur de mon entre jambe. Si y a un medecin dans la salle, pourrait il nous expliquer le processus de ce phenomene ?
Le temps tourne a la pluie. Quelques goutes nous nettoie le visage. Mais cela n est que passager. Caroline se repose sous la tente. Moi j enfile toutes les couches de polaires et autres blousons gore tex et cale mon posterieur dans les rocher face a la pente et la vallee et contemple. Quel P... de pied ! Le silence quasi integrale et cette ecran geant sans pixels dernieres technologie garantie a vie, mieux que mon vieux canape Ikea.
Caroline vient me voir et m embarque dans une rando. Feodor lui a dit de bouger, bouger, bouger, sinon nous risquions d attraper le mal des montagnes et de passer une nuit terrible. Et bien malgre cette rando au bord du lac, et les bonnes pastas bien chaudes. Mon freles corps ne supporta pas l altitude. La nuit fut longue, bien longue. Douleur au coeur et boite de nuite dans la tete : « Boum Boum Boum », DJ Cagoule : « Fout ta cagoule ! ». J ai deguste.
Malgre tout je trouve une posture assise qui me convient a peu presw, enfile mes boules Quies et invente des parties de basket dans ma tete, refuge eternel. Mais cela n est pas suffisant. J attaque le comptage des moutons... le sommeil arrive enfin en fin de nuit.
Au matin, j avale deux dolipranes. Et sur les conseils de notre emminent specialiste, un verre de vodka balsam. Et un deuxieme sans l avaler, juste pour se rincer la bouche le plus longtemps possible. Cela me rappelle mon operation de l aphte a Pingyao en Chine a base d alcoohl de riz. Un supplice ! Je comprendrai plus tard l objectif devant etre de dynamiser le processus de circulation du sang.
Ponctuels, a 8h30 nous levons le camp. Le cerveau engourdi je ferme la marche. Je deprime a moitie en me pensant inapte aux hautes montagnes (la rencontre avec un alpiniste russe a Samarcande me rassurera sur mon futur en ce domaine). Nous gravissons les 200 derniers metres pour franchir le col. Sur notre droite des glaciers fabuleux se profilent a l horizon.
Puis on attaque la descente. Vertigineuse, c est pierrier. Mes preferes. A nouveau mes pensees vont vers Willy (je sais WiWi tu m aimes J ). 200 m de descentes, batons en main, chaussures bien ficeles, ni une ni deux, apres avoir tire la langue, c est la recompense. Je resserre le sac, adapte les attaches et ZOUUUU... Je file, saute, glisse, risque deux chutes, mais ne ralentit pas, au contraire, l adrenalides montent en moi, le coeur bat une autre chanson que la nuit passee. Le pied INTEGRALE.
Tandis que Caro et Feodor descendent pepere, je deguste ce moment de « pure poudreuse » bien poussiereuse. Puis arret the + saucisses au bord du ruisseau en contre bas. C est la que deux campeurs postes la veille non loin de notre tente arrivent. Cedric et Philippe, deux tourriste francais d a peine trente ans, la grosse forme, le pif bien rouge et le sourire bien blanc. Ils ont bourre depuis quelques jours et acheve leurs vacances autour du lac. On leur vend les merites de la Guest house de Feodor a Bichkek ou ils comptent passer deux nuits avant leur retour en France. Inch Allah, on se reverra peut etre.
Puis on file vers le fond de la vallee. En milieu d apres midi on arrive aux sources d eaux chaudes naturelles d Altyn Arashan. Un peu degoute que Feodor est bombe sur les derniers kms car le paysages est de plus en plus beau.
On pose la tente et ensuite direction les sourges d eaux chaudes. Il s agit de cabanons amenages ou l on peut se baigner dans de grand pediluves dans une eau a plus de 40 degres. Les muscles se detendent.
D autres montagnards se trouvent la. Russes, Autrichiens, Kirghizes... On ne retrouve pas Cedric et Philippe qui ont du filer sur Karakol. On se repose l apres midi de lecture, de pates, de bieres et de rien du tout, c est bon !
La nuit fut bien reparatrice en ce qui me concerne. D une traite je me fait une ligne droite de 9h de doux reves.
Au lever vous imaginez le petit dej et le rangement de la tente et hop, 8h30 on part. Un metronome ce Feodor.
On marche 3h le long de la riviere et on descend dans la valle en direction de Karakol.
Vers 12h on attrape une Marchutka (Mercedes bus collectif) pour Karakol. Douche et pactage a la guest house. Feodor nous propose de dormir la ce soir (Vendredi). On prefere continuer la visite autour du lac en remontant par la rive nord.
On s enfile un enorme dejeuner dans un restau de Karakol. Les pates et la soupe s est bien, mais de la viande bien chaude, c est mieux. Surtout arrosee d une biere bien fraiche.
Puis viste du musee de l explorateur russe du XIXeme Prezwevalski qui parcoura les contrees obscures d ou nous venions (Mongolie, Chine...).
En fin de journee, apres une baignade au lac, nous cherchons un lieu ou dormir. Dans cette partie du lac ce nest pas les vieux ‘Penzionat » russes qui manquent, mais ils ressemblent plus a un villages de vacances d un film d horreur americain que des joyeuxes payotes du Club med. Ils sont completements delabres et nous preferons camper a nouveau.
Feodor nous emmene au fond d une vallee ou nous posons notre campement pour cette derniere nuit. Le soir il ouvre la bouteille de vin georgien qui nous reste. Du blanc cet fois. Etrange, tres etrange.
Epuise, on se couche tout de suite.
Au petit matin Caroline s ejecte du sac de couchage et de la tente. Une crise violente de la Shiguelle a nouveau. Rechute ! avec des symptomes bien plus inquietants que la premiere fois.
On explique la situation a Feodor qui remballe le campement et on file sur Bichkek. Sur la route on fait malgre tout une halte a Cholpon Ata pour visiter le site de Petroglyphes qui es tgigantesque mais pas du tout entretenu et la construction des lotissements envirronnants est en train de boulverser le site.
Feodor carbure sur la route ce qui ne nous rassure guere. Ok, y a urgence, mais pas pour courrir vers sa propore mort, pour ca on a le temps. Il ralentit un peu et Caroline a l arriere serre les dents, et le reste.
On planifie deja les differents appelles a passer arrive a Bichkek.
En milieu de journee, dans le salon de la Guest House, Caroline appelle son medecin en France qui la rassure en lui expliquant qu un traitement plus long du meme medoc permettra de tuer l alien definitivement. On pensait appeler Sirgouney W, mais il semblerait d apres son agent qu elle ne souhaite pas rempiler pour une 5eme fois.
Rassure, mais mal en point Caroline remonte se coucher. On s imaginait deja derriere le hublot du retour, decu de ne pas avoir franchit les montagnes du Pamir. Mais qu il s arrete la ou pas notre voyage, la question n est pas la, la question est : que fait on demain ? deja dans nos cartons dorment mille et un projets qui fleurissent au rythmes des kms avales.Jusqu a notre depart pour Osh (sud ouest du Kirghizstan, dans la valle du Fergana pres de l Ouzbekistan) nous restons a la guest house quasiment toute la journee. Seule une viree a Internet et au supermarche nous sort de notre letargie. Feodor m invite au sauna familial avec son fils. Une baraque en bois au fond du jardin et une piscine gonflable. Pasteque a la fin pour se rehydrater.
Caroline y aura droit aussi le lundi suivant (13 aout) la veille de notre depart de Bichkek. Mais, faute de chance, leur chien qui n a rien d un chien domestique s echappe de sa cage pour se jeter sur nous au moment ou nous allions piquer une tete dans la piscine. Je pousse Caroline a l interieur et suits. Ouf... Feodor attrape le molosse aux dents longues et l enferme derriere une porte qu il renforce avec des clous. Etrange tout cela.
Ce meme soir nous retrouvons Cedric et Philippe qui ayant suivi notre conseil se reposent a la Guest tout en shoppignant dans Bichkek. Le lundi soir on se fait un gros apero biere, cahwuetes, pizza... un vrai bonheur !
Ils quittent la Guest en fin de soiree pour rejoindre l aeroport, pendant ce temps on range et prepare notre sac pour le lendemain. On regle les dernieres nuits et remercions la famille « Crocus » pour leurs services.
Caroline s endore ce soir la reposee et calmee par le traitement. Le moral tient. Osh demain, ou Emilie une francaise dont le contact nous avait ete transmis par Barbara, une autre francaise rencontree en Chine. Elle nous ouvre son appart, son temps et toute sa chaleur de la Lozeres.
(Mardi 14 aout) Le voyage pour Osh se passa plutot bien. 10 h de route dans une grosse mercedes break a parfois pres de 120 kmh sur les routes de montagnes, on s accroche ! mais la route est large, le conducteur plutot bon. Caroline est coincee a l arriere en compagnie d un couple compose d un petit bonhomme et du bonne grosse mama.
C est vers le debut de soiree que nous arriverons a Osh. On retrouve Emilie devant la grande mosquee. En arrivant, notre objectif est de nous poser quelques jours seulement et organiser notre traversee de la route du Pamir avec une agence. Finalement ce fut tout autre :
de grosses bouffes chez Emilie qui a une vraie cuisine dans son appart de 100 m2
des nouveaux arrivants tous les jours
son ami Aybek qui nous fait la petite popote ouzbek, tablier de chef en prime
un super week end dans les montagnes envirronantes avec Michel Gaton Lagaffe et un couple de Kirghize trop chou
des balades quasi quotidiennes dans le bazar d Osh
des seances d esteticiennes
des defiles de mode frenchie en costume ouzbek
des rasades de vodka
Laure qui nous attend a Dushanbe
des evenements plus piquants, comme un enlevement sous nos yeux dans une mercedes, des coups de feux dans la nuit au pied de l immeuble et des femmes en noir le lendemain, et une baston violente dans l appart du dessus a 4h du mat
Caroline qui part deux jours en balades pendant que je prepare la route du Pamir et surtout regarde des mangas japonais avec Emilie
Des Lagmans, les meilleurs, en quantite monstrueuses enfiles chaque jours
Des soirees a papoter autour de Baltika 3, 5, 7 ......
Une soiree de nego avec le beau pere d aybek pour preparer la route du Pamir
Les histoires d Acted (ONG ou travaillait Emilie jusqu a notre arrivee) ou apparement c est comme dans n importe quel boite du secteur prive
Et surtout, Emilie et son sourire qui nous a offert 10 jours de vraies vacances
...etc.
On quittera le Kirghizstan le 26 aout par la route Osh – Sary Tasch (ville Kirghize avant la frontiere Tadjik) dans une Niva (4x4 russe) au radiateur pete, au frein a main foutu, au tableau de bord bancale, et surtout avec un chauffeur n honorant pas son contrat negocie au prealable a Osh. Une nouvelle aventure commence, et bien plus trash.
A suivre
Antoine
(vous comprendrez que les claviers qwerty ne sont pas des azerty et que en voyage on a plus trop l occasion d ecrire ou parler francais, donc soyez indulgent avec nous tant pour l orthographe que pour la grammaire J )
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