09.06.2008
Gite des Coustetes
Lieu de la cérémonie, du repas et de la soiréeGÎTE LES COUSTÈTES
Renaud Méchin nous y accueille…
pour se détendre et se préparer…
Route de Cheyran
F-04150 Simiane-La-Rotonde
tel +33 (0)4 92 75 70 60
E-mail : info@lescoustetes.net Site : www.lescoustetes.net
EN BUS
Si vous arrivez en train et en bus à Apt, vous pouvez appeler un taxi : tél. 04 90 75 29 11 ou bien souscrire au covoiturage !
Télécharger les horaires de bus :
Avignon/APT
http://www.vaucluse.fr/uploads/Externe/3e/LIG_HORAIRE_13_1198144853.pdf
EN TRAIN
Gare d'Avignon (TGV) puis bus à la gare routière d'Avignon vers Apt (puis taxi d'Apt à Simiane)
Gare de Marseille-St-Charles, puis bus Marseille-Aix-Simiane
http://www.sncf.fr/
EN VOITURE
du Nord
A7 sortie Orange Sud puis direction Carpentras, Mazan, Villes-sur-Auzon, Sault, Saint-Chistol, Simiane-la-Rotonde
ou
A7 sortie Avignon Sud puis direction direction Apt, Coustellet puis R.N. 100 Apt, Rustrel, Gignac, (>Banon), Simiane-la-Rotonde
du Sud
A7 sortie Cavaillon direction Apt, Coustellet puis R.N. 100 direction Apt, Rustrel, Gignac, (>Banon), Simiane-la-Rotonde
ou
A 51 sortie La Brillanne puis R.N. 100 direction Forcalquier ou Manosque ensuite direction St-Michel l'Obsérvatoire.
Autoroutes de france: http://www.autoroutes.fr/
Autoroutes du Sud de la France: http://www.asf.fr/
Acces gite des Coustetes : Le parking des Coustetes est situe un peu en contrebas du site. Le parcours sera fleche! Il est neanmoins possible d'effectuer un "depose minute" devant les Coustetes pour deposer bagages, passagers et bebes... avant de faire demi tour et de rejoindre le parking!
COVOITURAGE
Il vous suffit pour cela de vous inscrire sur des sites de covoiturage. C'est gratuit, plutot rapide et cela permet de voyager a des tarifs tres avantageux car le principe est de partager les frais de peage et d'essence entre conducteur et passagers!
www.123envoiture.com
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BONNE ROUTE
08:59 Publié dans MARIAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.01.2008
Ouzbékistan 1ère Partie
Nous sommes sortis du Tadjikistan par le poste frontière de la ville tadjik appelé Pendjikent. Après une nuit terrible au prise avec un chauffeur fou, coursés par des chiens assoiffés de sang et un court sommeil sur les bancs sals de la gare routière, nous abordons le poste frontière avec un sentiment de libération. C’était comme se sentir : " enfin libre ". Nos deux semaines de voyage au Tadjikistan s’étaient révélés des plus intenses et nous aspirions définitivement à une amélioration rapide de nos conditions de voyage.
Caroline était toujours sous traitement. Le Flagil lui avait installé dans son corps un état nauséeux permanent. Pour ma part, je continuai à me vider. Mon corps commençait à me paraître de plus en plus léger. Je me sentais lent dans nos marches et les sacs de plus en plus lourd.
Nous avancions fièrement sur la route, heureux d’être en vie. Le taxi qui nous avait accompagné jusqu’au poste repartait dans la foulée vers Pendjikent. Nous étions le premier jour du Ramadan (Jeudi 13 septembre 2007). La première chose qui nous frappa lors de ce passage de frontière d’un poste à l’autre, ce fut le calme qui y régnait. C’est vrai qu’il n’était que dix heures ce matin là, mais nous avons rejoint le poste de sortie tadjik pour rejoindre la bâtisse ouzbek au milieu d’une route désertique. Puis cette impression de quiétude s’accentua lorsque nos yeux, cherchant l’horizon et habitués à buter aux montagnes arides du Tadjikistan, s’étonnèrent de l’étendue face à eux . Des champs vides s’étalaient à droite comme à gauche de la route. Nous retrouvions la possibilité de laisser nos regards voler au loin et de s’abandonner aux rêveries.
Nous poussâmes nos corps fatigués à la sortie du poste de frontière Ouzbek où des groupes de touristes s’engouffraient dans le sens inverse pour une journée de visite du site historique de Pendjikent. Les 100 derniers mètres avant la nuée habituelle de taxis à la sortie de tout poste frontière nous acheva. Après une négociation intense nous embarquâmes dans une Deawoo en compagnie du chauffeur et de deux " compagnons " de route. La voiture avala les 20 kms qui nous séparaient de la ville de Samarkand.
Toujours enfarinés, nous nous laissâmes guider par l’un de nos compagnon de voyage jusqu’à notre pension.
La pension Bahodir nous accueillit de son plus beau sourire. Il était à peine 11h, les petits déjeuners étaient rangés, quelques touristes vaquaient à leurs occupations matinales. Nous tombâmes sous le charme du lieu dés le franchissement du seuil de la porte principale.
La pension était découpée en deux cours. La première qui s’ouvrait au visiteur, n’était pas grande. On y accédait par l’entrée principale en se glissant sous le porche où se trouvait poster presque jours et nuits un des hommes de la pension. Les chambres à l’étage courraient autour de cette petite cour, tandis qu’au rez-de-chaussée, on imaginait les habitations de la famille.
Après un passage éclair dans la pièce servant de bureau, où un ordinateur en accès libre et un frigo remplit de bière trônaient, on entrait dans la cour principale. Des tables entouraient le lieu, la vigne fraîchement cueillies s’étalaient au-dessus du linge qui séchaient sous la chaleur du matin. A droite une grande cuisine qui baignait dans la lumière grâce à ses grandes fenêtres. Les bâtiments en bois qui enfermaient la cour semblaient avoir été ajoutés l’un à côté des autres au fil des ans et des familles. Cet ensemble nous plut tout de suite.
Notre hôte nous amena à notre chambre, situé au-dessus du bureau. Le prix, fort raisonnable, un dollar de plus pour le dîner du soir, nos attentes de repos et de bonnes nourritures allaient être amplement comblées.
Notre visa ne s’arrêtant que le 26 septembre, nous avions le temps de nous reposer. Samarkand serait définitivement notre premier lieu de villégiature. Tant de choses à voir dans cette cité culte ! où, autrefois carrefour de la route de la soie, la vie battaient son plein autour des grands bazars où produits d’Europe, d’Asie Centrale et de Chine s’échangeaient sous les éclats de voix des " marchands voyageurs ".
Nous déposâmes nos sacs dans la chambre, puis, ni une ni deux, descendîmes les marches nous menant à la cour principale pour y déguster le merveilleux petit déjeuner de Bahodir. Chaque jour le plat principal de ce repas variait entre semoule ou riz au lait, accompagné de saucisses, fromages, pain frais, thé, café, melons, yaourts… Un vrai repas pour commencer la journée sur de bonne base.
Aussitôt notre festin engloutie, nous remontâmes, aussi rapidement que descendu, les marches vers notre chambre. Une douche chaude, un lit douillet, mais bruyant et aux ressorts qui m’assaillaient le dos continuellement, nous pouvions dormir du sommeil de guerrier.
Ce n’est qu’en milieu d’après-midi que nous émergeâmes de ce lourd sommeil. Notre fin de journée nous amenât jusqu’à la banque d’Ouzbékistan, fermée dés 16h, puis à déambuler dans le parc de la ville. Notre première impression de la ville, comme beaucoup de touristes, fut l’absence du charme attendu. Au lieu d’une ville où les ruelles fuient à travers les bazars et les monuments anciens, Samarkand est aérienne, au rue large, où les vieux bâtiments s’éparpillent aux quatre coins. Agréable mais avec peu de charisme, cette ville nous a ému par la lumière douce du crépuscule caressant soir après soir les briques des Medersas (écoles coraniques où l’éducation étaient données aux jeunes).
Ce soir là, nous découvrîmes les merveilles gastronomiques de la cuisine Bahodir en compagnie d’un français, Olivier et d’un ukrainien, Dima. Ce dernier, alpiniste chevronné, me rassura sur le mal des montagnes et m’apprit comment les expéditions de haut niveau se préparaient. Des envies et des images plein le corps, Caroline et moi allâmes, de nouveau, jouir de notre chez nous.
Nous restâmes six jours entiers à Samarkand. Nous n’avions rien prévu au départ. Ou plutôt, nous avions prévu de ne rien prévoir. Nous avions 13 jours pour visiter l’Ouzbékistan, mais Samarkand et Boukhara nous semblaient suffisamment importantes pour la durée. On s’interrogea sur la visite de la mer d’Aral, mais son emplacement, loin de toute civilisation, et notre état de fatigue eurent raison de nous.
Ce séjour à Samarkand nous permit d’apprécier les monuments historiques, flirter avec la lumière fantastique qui magnifie les bâtiments. Mais aussi de faire des rencontres fort agréables.
La pension Bahodir brasse, jour après jour, des touristes, plutôt backpackers, de tous les horizons. Nous fîmes la connaissance de Dietmar, Richard et Monica.
Dietmar, biker allemand, est un ingénieur de 37 ans qui voyage pendant deux ans sur sa BMW chargé de 60 kilos de matériel, principalement photographique. L’Egypte, l’iran, le Pakistan … et autres pays déjà parcouru il capte ses instants sur films argentiques dans l’idée de les proposer aux magasines de motos.
Richard et Monica, couple trentenaire, âgés d’une bonne cinquantaine d’années, en sont à leur 4ème voyage au long court. Lui d’origine anglaise et elle allemande, ils vivent du côté de Brême. Menuisier de son état et secrétaire à l’université, Richard et Monica séjournaient quelques semaines en Ouzbékistan avant de rejoindre l’Inde (pays de prédilection de leurs périples). Tous les dix ans, ils s’offrent une année, plus ou moins, de voyage. Quelle bonne idée !
Le Registan (ensemble de 3 Medersas), la mosquée de Bibi Khanoun, le Chah i Zinda (ensemble de mausolées) et bien sûr le grand Bazar de Samarkand furent les hauts leiux de visites.
Le grand bazar nous déçu. Les étales trop rangées, le manque de vrai bazar, bordel, odeurs… trop policé. A mille lieu du bazar d’Och au Kirghizstan !
Le prix des entrées scandaleusement chères et aux prix fluctuant nous obligeâmes à resquiller systématiquement. Il faut préciser que Samarkand est un lieu hautement touristique, non pas de touristes ouzbèques, mais assaillit par les tours opérateurs qui déversent groupes de français et allemand jour après jour.
" Zidane et Gérard Depardiou " nous interpellent systématiquement dés que nous croisions le regards d’un autochtone. Continuellement les mots " Taxis ! taxis, taaaxxiis ? ? ? ! ! ! " flottent autour de nous. Mais toujours et encore nos jambes nous aurons promenées en ces lieux sans rechigner.
Mercredi 19 septembre. Richard, Monica et nous deux prîmes le train Samarkand – Boukhara. Un voyage de 3 heures à travers la campagne ouzbèque où s’étalent les champs de cotons à perte de vue ainsi que la caillasse d’un désert proche.
Le train nous offrit un confort égal à celui que l’on trouve dans les avions. Une hôtesse dans chaque wagon servant des boissons chaudes et petits gâteaux. Une télévision proposant des soap opéras turques ainsi qu’un film des productions Walt Disney.
La musique sur les oreilles, je m’endormais dés le départ du train.
17:38 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.10.2007
Tadjikistan deuxieme partie
Avec l’aide d’un de ses copains chauffeurs d’Acted, Mirkamiel repare le frein a main et refixe certaines pieces (tableau de bord entre autre). Nous prenons quant a nous le temps de flaner dans ce village a flanc de montagne. La temperature a fortement baisse et une pluie fine accentue l’humidite. Les gens sont joviales et accueillants. Les enfants sortent des maisons en courant, posent et reclament une « photo ». Antoine leur montre ensuite le resultat sur le petit ecran numerique. Ils sont ravis.
Revenus de notre balade, nous trouvons enfin un guide kirghize accompagnant des touristes italiens pour traduire nos propos. Mirkamiel affirme ne pas pouvoir laisser son fils a Sary Tach et demande a le garder dans la voiture jusqu'à Mourgab, soit 250 kms plus loin. Enfin, après nous avoir assure que nous dormirions cette nuit à Sary Tach, il embarque tous les sacs dans la voiture et nous demande de monter pour reprendre la route, passer la frontière et nous arrêter a Karakul pour la nuit. Un de ces copains lui avait donne l’adresse d’un certain Israël. La nuit tombe, sous la pluie, nous repartons. Il est 19h30. Nous passons les postes frontières sans aucune difficulté. Certes impressionnant, le poste de contrôle juste après la frontière tadjike n’est pas plus difficile à passer. Il est 20h30. La neige se met à tomber. La route devient de plus en plus difficile à pratiquer. Nous sentons que nous prenons progressivement de l’altitude. L’ombre d’immenses blocs montagneux se dessine dans la pénombre. Nous réalisons que nous sommes alors sur le point de traverser les paysages les plus époustouflants de la route… en pleine nuit ! Decidement, ce chauffeur a tout compris à notre démarche touristique ! Et toujours les arrêts radiateur !
Nous arrivons enfin vers minuit à Karakul. Le chauffeur stoppe la voiture sur le bord de la voiture et nous dit que nous y sommes. Il poursuit en disant qu’il n’y a pas d’endroit ou dormir si ce n’est a Mourgab, 200 kms plus loin. Ce chauffeur est un sketch a lui tout seul. Nous perdons notre calme et lui demandons de trouver un endroit ou dormir, des cailloux au sol ne permettant pas de planter la tente. Son ami de Sary Tach lui avait donne une adresse mais il ne daigne pas s’y rendre et se résout finalement a frapper a la première porte venue. Un vieux monsieur nous ouvre et accepte que nous dormions chez lui, moyennant quelques dollars. Nous apprenons le lendemain matin lors d’une promenade autour du lac sale de Karakul en compagnie de notre hote, que ce dernier est professeur de russe a l’école du village, parle quelques mots d’anglais et vit seul avec ses filles. Le lac de Karakul, situe a plus de 3200 mètres d’altitude est entoure de magnifiques montagnes enneigées. Son bleu d’émeraude nous apaise pour un temps.
Tracasses par les mésaventures de la veille, nous admirons le paysage tout en nous questionnant sur l’attitude à adopter avec le chauffeur. Des questions surgissent, des liens se tissent… pas une seule fois Mirkamiel n’avait voulu regarder le contrat ni la carte routière afin que nous lui indiquions l’itinéraire. Tout lui avait donc été mentionne a l’oral. Pas une seule fois non plus, il n’avait regarde l’adresse notée par son ami a Sary Tach. Il avait immédiatement remis le papier entre les mains de son fils. Une question surgit alors : Mirkamiel sait-il lire et écrire ? A-t-il entendu que nous souhaitions faire la route en 10 jours ? Comment se positionne-t-il par rapport à nous ? Il ne nous demande jamais directement aucune précisions ni informations. Lorsque nous lui posons des questions, il répond à la fois oui et non. Nous expérimentons la la situation relationnelle la plus difficile qui soit depuis le début de notre voyage. C’est maintenant évident qu’il ne s’agit pas uniquement d’un problème linguistique. Plus d’une fois auparavant nous avions eu à négocier les services puis à partager le quotidien d’un guide ou d’un chauffeur pendant plusieurs jours sans parler la même langue. Nous avions toujours réussi à lier connaissance, à partager des moments agréables et à clarifier puis dissiper les malentendus.
Mais la, la relations avec Merkamiel nous laissait complètement démunis, incapables de proposer autre chose qu’un arrêt de collaboration des l’arrivée a Mourgab (mi parcours). Nous trouverions bien une solution pour rejoindre Khorog : un kamas (gros camion russe) ou autre véhicule. Tout plutôt qu’un jour de plus avec Merkamiel ! Comment lui annoncer ? Pour l’heure, avant de rejoindre Mourgab, nous avions le projet de faire une halte dans le petit village de Jalang, situe à environ 60 kms de Karakul. Nous en faisons part à notre chauffeur. Déjà, malgré la carte, Jalang se transforme en Jelang, Jeland ou encore Jelandy (village qui se trouve à 476 kms de Karakul !). Bref, Il ne connaît pas l’existence de Jalang et ne sait donc pas comment s’y rendre. A nouveau, nos regards se croisent… Merkamiel n’avait-il pas precise avant le départ que le prix que nous payons incluait non seulement ses services en tant que chauffeur mais également en tant que guide, affirmant qu’il connaissait tous les lieux que nous souhaitions visiter ?! « Normal » ! Tout est normal, comme dirait notre chauffeur !
Nous passons donc près d’1/2 heure à élaborer un plan pour Jalang avec notre hote et quelques-uns de ses voisins. Il faut quitter la route principale au bout d’une vingtaine de kilomètres pour emprunter une piste au milieu des pâturages et rejoindre ainsi Jalang. Tout semble clair. Nous quittons bientôt comme prévu le goudron pour nous lancer sur une piste poussiéreuse qui devient rapidement de gros blocs de pierres difficiles à franchir. Merkamiel jure, s’énerve, assure que nous sommes perdus et que le carter est kaputt ! Il continue pourtant à progresser. Toutes les 5 minutes nous stoppons pour arroser le radiateur. Lors des montées, Antoine et moi descendons de la voiture pour lui permettre de s’élancer et rejoignons notre chauffeur et son fils au sommet, dans le vent et la froidure (nous sommes quand même a plus de 3000 mètres d’altitude !). Rien a l’horizon. A chaque nouvelle colline Merkamiel nous annonçait que Jalang était derrière. Une fois, deux fois, trois fois, nous n’y croyons plus. Au bout de trois heures d’errance au milieu de nulle part, dans l’angoisse d’une panne mécanique sérieuse, nous croisons enfin une yourte et ses habitants. Apparemment, nous aurions tourne a droite au lieu de tourner a gauche, le plan d’Anouar, notre hote de la veille, serait faux. Notre chauffeur maudit Anouar comme il maudit son fils Ibek pour les problèmes de radiateur et de frein a main. Nous reprenons la route, sautant, dansant, heurtant le plafond et les vitres au rythme des masses de cailloux escaladées. Enfin, ce qui ressemble a un village se dessine : quelques yourtes et maisons en dure rassemblées. Suante, sifflante, hurlante, la voiture y parvient. Les habitants confirment qu’il s’agit bien de Jalang. Nous y croyons a peine. Il est 17h, nous décidons d’y rester pour la nuit. De toute façon, notre chauffeur nous fait comprendre qu’il ne repartira pas avant le lendemain. Nous négocions une yourte pour la nuit et un repas et décidons avec Antoine d’une petite excursion dans la montagne à la recherche pétroglyphes annonces par le Lonely Planet. Nous montons, descendons, admirons et contemplons dans les détails chaque pierre sans rien y voir ni même deviner. Nous rentrons bredouilles mais ravis par les beaux pâturages. Affames, nous franchissons le seuil de notre yourte et y trouvons Mirkamiel et son fils près du poêle. Ici l’histoire devient proprement cauchemardesque. Mirkamiel nous fait demander par la seule jeune femme du village parlant anglais ou dormira-t-il ce soir ? Nous sommes surpris de sa question car le contrat stipulait qu’il s’occupait de son logement et nous de ses repas. Nous le lui rappelons. A cet instant, Mirkamiel s’énerve, hausse le ton et nous menace de rentrer à Osh sur le champ si nous refusons de payer son hébergement. Nous restons fermes quoiqu’impressionnes par la virulence de ses propos et son attitude agressive. A cet instant, nous décidons de mettre un terme a notre collaboration des la prochaine ville, Mourgab. Il était hors de question de continuer a voyager ainsi.
La jeune femme tente de lui traduire notre décision. Il se met à hurler « Niet problem » et réaffirme que nous irons ensemble à Khorog. De longs échanges entre lui et la jeune femme s’ensuivent. Cette dernière, embarrassée, nous annonce enfin qu’il ne veut rien entendre ni discuter. Le repas se passe. Nous restons silencieux. Mirkamiel ne cesse de parler : nous saisissons les mots radiateur, touristes… et n’essayons pas de soutenir les regards poses sur nous. Nous nous laissons accuser de tous ses maux sans broncher. Dieu ! Qu’il est inconfortable de se sentir insultes et calomnies sans pouvoir entrer dans un dialogue équitable. Chaque rencontre avec des locaux fut désormais l’occasion pour notre chauffeur d’égrener sa litanie de plaintes et d’accusations. Apres le repas, Mirkamiel renonce finalement a dormir avec nous sous la yourte et envoie son fils nous tenir compagnie. Les femmes du village refusèrent cependant de le laisser dans notre yourte et lui font une place dans celle de leurs enfants. Nuit agitée et peuplée de cauchemars. Des les premières heures de l’aube, accompagnes de quelques enfants, nous trouvons enfin Le Pétroglyphe, sur La Pierre ! Puis, départ tendu pour Mourgab. Par chance, la voiture du village devait se rendre sur la route principale, nous lui emboîtons le pas. La route reste bonne jusqu'à Mourgab et nous y arrivons vers 16h. Emilie nous avait conseille de prendre contact avec Sarah, manager a Acted. Ce que nous nous empressons de faire, trop heureux de nous éloigner de notre chauffeur. Nous expliquons à Sarah la situation. Avec gentillesse elle propose de nous aider à la résoudre. Nous donnons rende-vous a Mirkamiel le lendemain a 18h, au même endroit. Il acquiesce et part de son cote réparer la voiture. Nous rencontrons entre temps Julien et Anne, un couple de français sur les routes depuis 6 mois qui nous indique une guesthouse fort sympathique. Enfin un peu de repos. Nous projetons de partager quelques promenades mais nous souhaitons avant tout mettre un terme a notre histoire avec Mirkamiel et reconquérir notre liberté. Le lendemain : 18h, Mirkamiel n’est pas au rendez-vous… 19h, 20h… toujours pas de Mirkamiel. Sarah nous invite a dîner : du hachis Parmentier de Yack, un régal surprenant dans cette ville désertique de 7000 habitants, a plus de 4000 mètres d’altitude. Vers 22h30, Sarah retrouve enfin notre chauffeur : il avait mal compris le lieu du rendez-vous ! Sarah le convoque le lendemain matin a 9h. Pas de malentendu possible ! Parallèlement, le mal des montagnes d’Antoine se confirme : maux de crâne insoutenables, difficulté a respirer… trois jours qu’il ne se sent pas bien. Pas question de rester une journée de plus a 4500 mètres d’altitude. Il faut redescendre. A 9h, nous étions dans le bureau de Sarah. Mirkamiel n’y était pas ! Il arrive finalement vers 11h. Il ne s’était pas réveille. A notre grande surprise, il ne proteste pas lorsque Sarah lui annonce que nous ne continuons pas avec lui et ne proteste en rien lorsque nous calculons le nombre de kilomètre restant a lui payer. Antoine et moi quittons alors le bureau pour prendre l’air et discuter avec une collaboratrice de Sarah pour tenter de trouver une voiture partant pour Khorog dans la journée. Quelques minutes plus tard, nous voyons réapparaître Sarah, confuse. Elle nous signale que Merkamiel réclame davantage d’argent car selon lui, le kilométrage serait supérieur calcule précédemment. En réexaminant le total, nous nous rendons compte qu’il veut nous faire payer les kilomètres effectues depuis notre arrivée dans la ville pour son usage personnel, c’est-à-dire aller pêcher a 30 kms de la ! Nous refusons et il n’insiste pas.
Nous trouvons rapidement une voiture pour Khorog et plions nos sacs en quelques minutes ! Dommage pour les randos avec Anne et Julien mais la santé d’Antoine est prioritaire ! Nous constatons avec amertume que Mirkamiel a déjà trouve des clients pour remplir sa voiture et rentrer a Osh. Nous avions paye son retour a vide ! Et le voila qui trouve de quoi se faire le double d’argent ! Bon pour lui !
Notre nouveau chauffeur, Serguei, est charmant. Il voyage avec un ami a lui et conduit sa voiture a Khorog pour la vendre. Sa conduite est donc tout a fait agréable. Antoine et moi nous détendons après ces quelques jours éprouvants émotionnellement. Nous Nous faisons une pause à Alichour pour le déjeuner et dans plusieurs autres villages dont celui de Jelandy. Les habitants sont à chaque fois d’une grande gentillesse et nous invitent spontanément a venir dans leur maison pour boire le thé avec des bonbons et manger du pain et du yaourt. Si nous n’avons pas le temps de rester boire le thé, la coutume veut que l’hôtesse nous donne un pain. Une dame m’a même offert son pendentif. A Jelandy, nous avons également goute au plaisir d’une trempette dans les sources d’eau chaude : Antoine du cote des hommes et moi du cote des femmes. J’ai ainsi pu entrer dans l’intimité des femmes Tadjikes de la région. Jeunes comme anciennes nous étions toutes entièrement dévêtues pour jouir de la chaleur et des bienfaits thérapeutiques de ces sources. Les corps sont muscles par les travaux domestiques quotidiens et la culture des jardins ou des champs. Les discussions sont animées et les rires fusent. Plusieurs fois je suis invitée à boire le thé. Les questions sont toujours les mêmes : suis-je mariée ? Ai-je des enfants ? Quel age ai-je ? Les réponses sont toujours les mêmes : il faut faire des enfants ! Tu as l’air plus jeune que ton age ! Il est vrai que le grand vent, les rudes hivers et le travail harassant vieillissent prématurément les femmes de la région ! Apres concertation, Antoine me confirme que cote hommes les rapports sont plus pudiques. Les hommes ne le questionnent pas et restent en retrait. L’ambiance est paisible, seuls quelques regards etonnes se posent sur Antoine. Un beau et grand homme poilu fait figure de curiosité dans le coin !
Depuis Mourgab, le paysage se transforme progressivement. Nous quittons les hautes montagnes arides pour la luxuriante vallée de Gunt, alimentée par la rivière du même nom, ou paissent de paisibles troupeaux. Nous arrivons finalement vers 20h30 a Khorog. Nous cherchons une guesthouse et essayons la première indiquée par le Lonely Planet ! Par chance, cette adresse existe encore et Nazim répond au téléphone : il a de la place dans sa maison, nous pouvons donc rester chez lui. Nous empruntons d’étroites ruelles bordees d’arbres fruitiers et décorées de mille fils a linge charges de vêtements et arrivons chez Nazim. En fait, Nazim propose de nous loger dans la maison ou il a installe son bureau car y sont installes WC et douche avec eau chaude. Nous cédons pour la première nuit car voici près de 10 jours que nous n’avons pu nous laver entièrement. Quel plaisir qu’un filet d’eau chaude pour nous savonner vigoureusement. Antoine se sent déjà bien mieux… nous ne sommes plus qu’a 2000 mètres d’altitude. Le lendemain, Nazim nous explique qu’il vit non loin de son bureau avec sa femme et ses enfants dans une maison traditionnelle pamirie. Illico presto, nous quittons le bureau pour emménager dans cette superbe demeure traditionnelle (avec les chiotte au fond du jardin et une bassine pour se laver). Avec Antoine, nous logeons dans la pièce principale, magnifiquement décorée par de nombreux tableaux realises par leur fille aînée, étudiante en art à Moscou. La huneuni chid (maison pamirie) traditionnelle s’organise en effet autour d’une vaste pièce dotée de 5 piliers et de parties surélevées bordant les quatre cotes d’une fosse centrale. La pièce compte peu de fenêtres, voire aucune : la lumière provient uniquement d’une lucarne dans le toit, qui se compose de quatre carreaux concentriques représentant les quatre éléments (terre, air, feu et eau). L’ameublement se compose de tapis et de matelas. Les cinq piliers verticaux symbolisent les grands prophètes (Fatima, Ali, Mohammed, Hassan et Hussein), les cinq piliers de l’islam et aussi, prétendent certains, les 5 divinités du zoroastrisme (la structure des maisons pamiries remonte à 2500 ans). Le nombre des poutres de la toiture serait même en rapport avec les 7 imams et les 6 prophètes de l’ismaélisme. La place d’honneur, à cote du pilier d’Hassan est réservée au Khalifa (chef religieux du village), les visiteurs doivent éviter de s’y installer.
Nous nous sentons tellement bien en ce lieu que nous décidons d’y rester quelques jours pour visiter la campagne alentour. Des la première nuit, je me tords la cheville en allant faire pipi au fond du jardin ! Immobilité complète exigée pendant plusieurs jours ! Le sort semble s’acharner. A quand la fin des petits et grands bobos ? C’est finalement l’occasion pour Antoine et moi de cesser de cavaler pour prendre le temps de dormir, manger, lire et écrire attablés a la table du jardin. Le temps est encore beau et les nuits agréablement fraîches. La femme de Nazim, enseignante de langue Tadjike à l’université est une hôtesse adorable. Elle nous associe à leurs repas et nous gâte de douceurs sucrées avec le thé. Khorog est une petite ville au milieu de la végétation, organisée le long d’une grande rue principale. Il est plaisant de s’y promener. Apres plusieurs jours de convalescence, nous décidons de rejoindre la capitale Tadjike : Duschambe. La maman de Lola, bonne copine de ma sœur Laurence rencontrée aux USA, nous y attend. Deux solutions s’offrent a nous pour rejoindre la « grande ville » : un vol en coucou volant d’une durée de 40 minutes ou bien une longue promenade en minibus collectif d’environ 20 heures. Nous optons pour la deuxième solution, inconscients que nous sommes ! Tasses comme des sardines nous voici partis à 9h du matin pour 20 heures de folie sur les petites routes caillouteuses de montagne. 20 heures de mauvaise piste et de poussière. 20 heures de jeune et de prières. 20 heures secoues et bringuebales… De belles émotions cependant. Pendant près de 150 kms au départ de Khorog, nous avons longe l’Afghanistan, separes simplement par la rivière Pyang. Nous pouvions observer les villages et saluer les Afghans voyageant le long des grosses masses rocheuses. Ces rencontres « lointaines » m’ont fortement émue. Nous étions separes par une si petite rivière et déjà les vêtements et la langue différaient ainsi que l’architecture des maisons. Habitants du minibus, nous étions tous le nez colle a la vitre pour regarder vivre avec curiosité les voisins d’en face. Plus loin encore, le territoire Afghan depasse, nous franchissons un vaste territoire encore mine (héritage de la guerre civile terminée 10 ans auparavant) : interdiction de s’éloigner du bus, même pour faire pipi. De grands panneaux nous avertissent du danger. Nous passons ensuite en revue avec notre voisin de droite pendant près d’une heure trente tous les footballeurs français du championnat européen. Vers 5h30 nous apercevons enfin les lumières de la grande ville. Le cauchemar se termine. Mounavar, un jeune homme rencontre dans le minibus étudiant en économie à Duschambe, nous propose de prendre un café chez sa tante, non loin de la station de bus. Ereintes, nous acceptons en attendant une heure décente pour prévenir Dilorum, la maman de Lola, de notre arrivée. Des 8h00, nous contactons cette dernière.
La maman de Lola est absolument charmante… une vraie maman Tadjike ! Manger, douche et dodo dans un lit avec de l’air conditionne, avant de découvrir véritablement notre hote le lendemain. La suite relève de ces différences culturelles qu’on apprend à découvrir, entendre et intégrer dans notre compréhension de la société mais qui bousculent définitivement trop nos valeurs et nos conceptions pour être acceptées. Je passe tout de suite la plume à Antoine pour vous narrer cette partie de l’histoire.
Apres une bonne nuit de sommeil qui nous permit de rattraper le retard accumuler lors du voyage Khorog Dushanbe, un bon petit dej dans le fond du ventre, nous quittons l’appartement tôt le matin accompagne de notre maman par intérim. Nous avons obtenu nos visas précédents quand cela était nécessaire pas nos propres moyens. Sans l’aide d’agences touristiques ou autres amis, il suffit de se rendre dans une ambassade et prononcer le mot magique « touriste ». Mais la nous étions bien accompagne. Dilorum nous guida toute la matinée de l’ambassade de l’Iran (visa trop long à obtenir) et celle du Turkménistan. Forçant les barrages éventuels faisant entraves a nos démarches, pourfendant les fils d’attente de son sac a main… bref elle nous a aide !
Lorsque ces démarches administratives furent accomplies notre hote se propose de nous organiser notre séjour dans les alentours de Dushanbe. En effet nous avions émit le souhait de visiter quelques montagnes environnantes. Nos critères étaient simples : un chemin, un guide pas trop cher et du repos. Lorsque nous lui expliquons que nous comptons dormir sous la tente elle abandonne l’idée de nous accompagner comprenant dans qu’elle aventure elle allait s engouffrer. Elle nous annonce qu’elle a beaucoup de contacts en ville a travers les agences de voyage locales. Apres deux heures de cavalcades a travers les longues et grandes avenues, elle trouve un guide potentiel, pas trop cher qui serait éventuellement disponible… très flou tout cela. Le même jour nous convenons par téléphone d’un rendez vous avec notre amie Laure (rencontrée a Osh chez Emilie) pour boire un verre. D’ici les 17h du rendez vous, plusieurs fois nous invitons sans désespérer Dilorum a rejoindre ses pénates. Heure après heure nous la sentons prêtes à craquer. Mais non, à chaque fois elle refuse. Nous pipotons un peu l’heure du rendez vous avec Laure pour gagner 20 minutes seuls !
Une bonne, deux bonnes même, bières fraîches et nos mésaventures (Pamir, Bus insomniaques, Dilorum) narrées a Laure (la pauvre elle a eu de la patience avec nous) nous décidons de nous raccrocher au programme du week-end de Laure et ses amis de l’ONG Acted. Objectif : visiter le pays a l’est de Dushanbe pendant 3 jours, en particulier la région autour de la ville de Gharm (cherche pas sur vos cartes, peu de chance que vous trouviez). On est évidemment partant a 100%. Le seul hic c’est que nous sommes que mercredi soir et le départ ne se fait pas avant samedi. Donc encore deux jours a passe à la crèche !!! Enferme dans notre chambre, avec obligation de demander la permission avant de pisser. Mais avec Laure nous avons un plan d’enfer, vous allez voir. Plus ingénieux que des ados de 14 ans qui veulent dépasser la permission de minuit pour aller en boite le samedi soir (aucune boite en France n’est ouverte avant minuit).
En rentrant après le dîner avec Laure, nous annonçons a Dilorum que nous partons le lendemain matin même pour un long très long week-end avec notre amie a Gharm et que nous serons de retour lundi soir prochain. Soulagée, Dilorum nous annonce que sont plan avec le guide coûtait trop cher en transport et qu’elle est ravit que nous ayons trouve une alternative.
En faite le lendemain matin nous quittons l’appartement sac au dos et tente bien accrochée pour rejoindre Laure. A peine arrives a son bureau que Laure nous annonce que notre maman par intérim l’a juste appelée pour savoir si nous étions arrives a son bureau ! no comment. Laure en fin stratège l’a bien sur soulagée en lui confirmant notre présence.
C’est la que commence notre plan machiavélique. Nous partons seul jusqu’au lendemain soir dans la vallée voisine campee au bord d’un ruisseau. Si Dilorum appelle Laure. Hé bien, nous sommes tous a Gharm et Antoine et Caroline sont partis faire des courses dans le village a cote. Nous quittons Dushanbe pour 24h, nous passons un séjour fort agréable le long de ce ruisseau à faire trempette. De retour le vendredi nous logeons à la guest house d’Acted et le lendemain nous décollons avec les amis de Laure pour Gharm.
A Gharm nous avons passe d’agréable moments fait de randonnées, de bières fraîches, de poulets rôties, de sommeil lourd, de chants folkloriques le jour de la fête nationale et surtout de douleurs intestinales pour Caroline.
Gharm fut la rechute pour la pauvre Caroline. La Shiguelle ? Autre chose ? Nous ne saurons jamais car une fois rentres a Dushanbe nous expliquons a Dilorum la situation.
Le lendemain matin (Mardi) nous allons, tous les trois bien sur, à l’hôpital public pour y faire des analyses. Arrives au labo de l’hôpital nous pensons rêver tout debout en voyant les pot de confitures vide baignant dans une baignoire, a cote des infirmières finissant leur petit dej, de vieux microscopes aussi efficaces que ceux de nos cours de bio au lycée, et la responsable du labo de ses mains nues nous tend un jolie pot « bonne maman » ! La y a hic ! Cela ne va pas être possible.
Cela ne fait plus un pli nous devons nous rendre a l’ambassade de France tout de suite et leur confier nos corps. Caroline est tordue de douleur et prise d’envie terrible de vomir qui ne se concrétisent jamais. Le calvaire continue. Apres un passage éclair a l’ambassade du Turkménistan, ou le sac a main de Dilorum aura eu raison d’une Tadjik récalcitrante, pour y récupérer nos visas, nous entrons dans l’ambassade de France.
Ludovic, l’attache militaire a l’ambassade est la. Il nous explique qu’il peut nous aider, mais que dans deux heures. Il nous invite a revenir. Pas de soucis. Dilorum ne se fait pas prier pour rentrer chez elle pour le reste de la journée, en nous confiant son portable, elle décharge toute sa responsabilité d’hote sur l’ambassade.
Deux heures plus tard nous retrouvons Ludovic qui nous conduit dans son gros 4x4 de fonction a la base militaire française de Dushanbe qui assure les missions aériennes françaises en Afghanistan. Nous passerons près de 3h sur la base. Ludovic est un homme charmant qui nous guida de service en service. Nous faisant même découvrir la base et son fonctionnement dans son ensemble. Et aussi merci au médecin de la base et de ses efficaces infirmiers qui nous ont écoute, soigne, fournit les médicaments et pour seul paiement, un sourire de notre part. Quel plaisir d’avoir été ainsi choyé. Nous retournons chez Dilorum donc nos poches plein de médocs et plein d’espoir.
Nous résumons la situation à Dilorum et lui expliquons qu’il est temps que nous continuions notre route pour rejoindre l’Ouzbékistan. Seul moyen pour s’y rendre, le taxi collectif. Elle se propose de nous accompagner demain pour nous aider dans ces démarches, sac a main autour du bras ! (je repasse la plume a Caroline)
Nous avons survécu à la route entre Duschambe et Penjikent... nous avons bien failli y laisser notre peau. C'était proprement cauchemardesque. Le matin de notre départ, en descendant les escaliers de l'immeuble de la maman de Lola nous croisons un de ces voisins avec lequel elle entame la conversation. Ca se lit sur nos tronches que nous sommes « touristes » et donc ce brave monsieur nous confie qu’il exerce le métier de taxi et que Oh ! Coïncidence, son parcours de prédilection est précisément la route entre Duschambe et Penjiket ! Notre route ! Ca tombe vraiment bien ! (sic) Et en plus, il se propose de nous y conduire en faisant une halte pour la nuit à Islander Kul (un très beau lac !). Nous restons un peu sceptiques mais notre méfiance se met vite en veilleuse : puisque c’est le voisin de Dilorum et qu’il aura « des comptes a lui rendre a son retour » (dixit Dilorum !). Donc, vraiment, pas de quoi s’inquiéter ! Apres négociation, nous obtenons un bon prix et attendons avec lui deux autres personnes a la base des taxis pour remplir la voiture. Nous attendons 30 minutes, 1 heure, 1h30 et toujours personne à l’horizon ! La maman de Lola repart donc en négociation et lui demande de nous conduire a destination au même prix, que nous soyons 2 ou 4. Il accepte en souvenir des services rendus à sa femme par la mère de Lola. Cette dernière nous répète 15 fois qu'elle est tranquillisée :
puisque c'est son voisin,
qu'il doit la tenir au courant de notre périple et
qu'il ne peut donc y avoir aucun problème
La route entre Duschambe et Iskander Kul s’est effectuée dans la bonne humeur et la détente. Notre chauffeur roulait tranquillement et nous pouvions admirer le paysage sans appréhension. Arrives au lac, Antoine et moi plantons la tente et glandouillons tranquilles, lorsque vers 17h notre chauffeur se pointe en nous disant que si nous ne partons pas ce soir pour Penjikent, la route sera fermée pendant 3 jours. Les explications sont difficiles à saisir. Nous passons près de 20 minutes à éclaircir la situation. Cela nous semble improbable qu’ils décident subitement de fermer la route. Mais notre chauffeur nous soutient qu’il a eu ces informations de sources sures, par téléphone. Nous décidons finalement de repartir. Trop content de s'être fait comprendre, notre chauffeur me prend dans ses bras et m'embrasse sur la joue. Je réalise alors qu'il sent fortement l'alcool. J’en avertis Antoine, sans trop y croire. Sur le chemin vers la voiture, récidive : alors qu'Antoine marche devant, notre chauffeur me reembrasse. Je me dis que c'est quelqu'un d'affectueux bien que cela me gêne. Il me demande alors si Antoine et moi sommes maries et je m’empresse de lui confirmer que oui, pensant faire cesser ses affectueuses ardeurs. Que nenni ! Alors que nous embarquons les bagages, Antoine s'éloigne de quelques mètres et le voila qui tente cette fois-ci de m'embrasser sur les lèvres ! Outrage ! Je hurle au scandale et demande à Antoine de le provoquer en duel pour laver ma réputation de cet affront ! Antoine met les choses au point d’un ton viril et l’autre lui répond prudemment qu’il n’est pas fou et que d’ailleurs il est marie (je ne vois pas trop le rapport, mais bon !). Nous repartons mal a l'aise avec la trouille que notre chauffeur soit enerve et s’excite en voiture. Ca ne loupe pas, enerve ou pas, le voila qui commence à conduire comme un cingle sur les petites routes de montagne. Malade de peur, je finis par lui crier de s'arrêter et de conduire plus doucement. Il acquiesce et reprend aussitôt le même rythme. Son comportement devient étrange, différent de celui de la matinée. Nous serrons les fesses... la nuit tombe. Il arrive finalement dans un village, avise un jeune dans une voiture de taxi et lui demande de nous conduire jusqu'a Penjikent, prétextant une panne de phares. Il reste environ 5 heures de trajet, la nuit, sur des routes de montagne pourries. Avec Antoine, nous sommes soulages. Notre ex chauffeur monte quand même avec nous dans la voiture, à la place du mort, certainement tracasse par le comte rendu qu’il aurait à faire à Dilorum. Nous repartons. Notre ex chauffeur commence à embrasser le conducteur, à toucher son matériel audio et à parler, parler, parler... une logorrhée impressionnante. Puis il sombre progressivement dams le sommeil et développe soudain des gestes incontrôlés. Il met ses pieds avec ses grosses chaussures a bouts pointus (top mode en Asie Centrale pour les hommes) sur le tableau de bord cote conducteur, sur le volant, défonce le radio cassette et le rétroviseur central, met ses genoux sur le levier de vitesse et pousse des cris. Antoine et moi avons la main sur la portière, près à sauter! Nous craignons que le fou se saisisse du volant et nous projette dans le vide. Un cri plus fort que les autres nous saisi d’effroi. Notre conducteur jusque la très calme, perd patience et fait un demi tour brutal en pleine nuit sur une route de 2m sur 1m... Je n’y tiens plus (et surtout je tiens a ma vie) je hurle stop et Antoine et moi sortons en sueur de la voiture. Hors de question de continuer avec ces cingles. Notre ex chauffeur a pete les plombs (alcool ? Drogue ?) et personne ne peut prévoir ses réactions. Notre chauffeur actuel commence à comprendre la situation, nous explique que notre ex chauffeur hurle dans son délire qu’il conduit mal et qu’il veut rentrer chez lui. Nous rassurons notre chauffeur sur sa conduite et lui expliquons que nous voulons absolument rallier Penjikent pour entrer en Ouzbékistan le lendemain. Notre chauffeur est désormais dans le coup, nous nous soutenons mutuellement et reprenons la route avec le fou, plus unis que jamais ! Toujours la main scotchée a la portière, je pique finalement un fou rire monstrueux lorsqu’Antoine tente de remonter sa fenêtre (nous sommes encore a plus de 2000 mètres d’altitude et le froid se fait sentir) et que cette dernière disparaît bel et bien au fin fond de la portière ! Nous voyageons désormais cheveux au vent… Le fou demande finalement vers 22h à s'arrêter près d'un point d'eau pour se desalterer et faire pipi. Dans le brouillard le plus complet il dit au chauffeur qu’il préfère l’attendre ici ! Nous n’argumentons pas et sautant sur l’occasion ! Nous le plantons sur place et repartons tous les trois extrêmement soulages! Nous rigolons tous les trois de la situation : il fallait voir ce mec endormi, les pieds et les bras dans tous les sens, hurlant qu'il voulait rentrer chez lui ! Mais la tension ne nous quitte pas pour autant. Nous arrivons vers 1h du matin à Penjikent. Aucun hôtel. Nous cherchons un parc ou planter la tente. Nous en trouvons un ou nous nous faisons courser par des chiens enrages... j'ai cru que ma dernière heure était arrivée... la bave aux babines, les crocs sortis avec des bruits d'animaux fous... Notre jeune chauffeur est toujours avec nous. Il nous propose finalement de dormir a la station de bus. J'ai la chance de pouvoir rester dans la voiture alors qu'Antoine et notre chauffeur dorment dehors sur des bancs. A 5heures, des femmes arrivent pour vendre quelques produits et les premiers taxis se garent... il est temps de passer la frontière pour l'Ouzbékistan... je veux rentrer a la maison! C'est quoi tous ces cingles, M'enfin!
Nous ferons de Samarcande (patrie d’Omar Khayam) et de Boukhara des lieux de repos et de convalescence. Tourisme comme nous l’aimons : visites de musées et de monuments, longues balades a pied dans la ville et ses bazars… du calme !
PS : excusez nous pour l’orthographe, nous avons travaille sur un clavier qwerty avec un word en français…
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